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Un personnage mythique.

  •  Avant toute chose, le chef est élevé au dessus de la condition humaine. Il est transcendé, et c'est ainsi seulement, en lui donnant -avant les attributs du divin- les attributs du "surhomme" que les masses peuvent à la fois s'y identifier, mais aussi accepter son pouvoir absolu. Car c'est lui uniquement qui semble détenir le pouvoir, la volonté et la capacité de gouverner son peuple.  
    En effet, il est nécessaire d'insister sur un point: les totalitarismes s'installent dans un climat particulier dans lequel le besoin d'adopter un "héros" devient nécessaire pour les populations. Ainsi, l'Italie fait face, comme chacun des pays Européens dans la période de l'après-guerre, à des difficultés économiques: flambées des prix, multiplications des faillites. Mais surtout, elle est blessée, déçue, éhontée par la victoire mutilée que les Alliés lui ont concédée en refusant une partie des terres irrédentes (Trentin, Istrie ...) qu'elle avait revendiquée au moment de son entrée en guerre à leur côté. En 1920, le pays est au bord de la Révolution, ce qui facilite l'accès au pouvoir de Mussolini, et lui donne confère son statut mythique.  
    De même, lorsque Hitler accède au pouvoir en 1933 en devenant chancelier, c'est parce que le pays est dans une phase économiquement catastrophique. La crise de 1929 venue des Etats-Unis a profondément touché l'Allemagne, qui déjà compte en 1929 six millions de chômeurs. Hitler est pour les milieux conservateurs celui qui empêchera l'extension des spartakistes (forme de marxisme). Pour la population, il est le seul à pouvoir répondre au diktat de Versailles imposé en 1929 et rendre au peuple allemand sa gloire: c'est pourquoi le cumul des pouvoirs qu'il opère en 1934 à la mort du président Hindenburg est largement plébiscité.
  • Le mythe du Duce est celui d'un homme omnipotent. On répand l'image du "Duce omniprésent, travailleur infatigable, capable de rester 12 ou 15h à sa table de travail". La légende veut que la seule lumière qui reste allumée chaque jour et chaque nuit au siège du gouvernement à Rome est celle du bureau de Benito Mussolini. Il est un héros moderne, à la fois paysan, pilote de course, cavalier émérite, athléte, pratiquant régulièrement l'épée. Il se déplace régulièrement en province et n'hésite pas à se faire photographier une pelle à la main, valorisant ainsi les milieux ruraux. Qui plus est, il affiche ses origines populaires "paysannes et prolétaires" et exhibe ses talents manuels qui deviennent les gestes emblématiques de "L'Italie qui travaille! L'Italie qui forge! L'Italie qui construit!". Cette mise en valeur de son charisme attise un sentiment d'affection chez les populations, qui devient très vite une idolâtrie.  


Mussolini à Cheval.

  •   Tout comme le Duce, Hitler est le Furhër, c'est-à-dire le guide du peuple allemand. Son mythe repose sur son charisme bien sûr, et toutes ses qualités sont exaltées: son sens du contact humain, son travail acharné, son intelligence, sa compréhension, ses formidables talents d'orateur. Il est, plus que tout autre dicacteur, conscient que pour obtenir l'assentiment du peuple il doit devenir le "surhomme", le modèle unique du peuple Allemand. Dans Mein kampf, livre qu'il écrit en 1923, véritable programme du nazisme, il confirme cette volonté: "pour rendre à notre peuple sa grandeur, il faut exalter la personnalité du chef et donner à celui-ci tous les droits. Le mouvement pose le principe que sur les grandes comme les petites questions, les chef détient une autorité incontestée. Celui qui veut être chef porte avec lui l'autorité suprême et sans limite, le lourd fardeau d'une responsabilité totale. Seul un héros peut assumer cette fonction". Ian Kershaw écrit que "le culte de la personnalité soigneusement orchestré autour de lui fit d'Hitler l'incarnation de ses espoirs [du peuple Allemand]" et c'est en cela qu'Hitler devient un personnage mythique.

 


Le porte-drapeau, par Hubert Lanzinger, 1938, Huile sur toile, US army center of military history, Washington.
Hitler est ici représenté comme un héros: armure médiévale reluisante -mais presque stylisée, ce qui apporte l'aspect d'un héros moderne- , regard franc et fier, il porte l'étendard flottant symbole du nazisme. Comme le guerrier prêt à haranguer ses soldats à mener une bataille, il se tient droit sur une estrade. La composition est d'ailleurs manifeste: lignes droites, simplicité, élaguement du superflu, elle est directement compréhensible pour les masses.


"Les militants sont rassemblés en une masse compacte qui dégringole vers Hitler, assis en retrait, mains posées sur une table jonchée des restes d’une collation. Leurs visages rayonnants et leurs yeux brillants fixés sur le Führer expriment avec force la fascination qu’ils ressentent envers lui. L’effet de contre-plongée et l’isolement du chef au premier plan, séparé des S.A. par la table, accentuent le caractère mystique de cette réunion. Par ailleurs, la légende qui accompagne cette image – « Comme leurs yeux brillent, lorsque le Führer est tout près d’eux ! » – est révélatrice du rôle fondamental qui est dévolu à la photographie : celle-ci doit être capable de communiquer à son tour aux masses l’exaltation qui animent ces jeunes S.A. "

  • Enfin, le mythe qui se construit autour du personnage de Staline se veut un manière de le légitimer. Son rôle mineur dans la Révolution d'Octobre est donc exagéré, et il devient un des acteurs principaux du renversement du Tsar. A la différence de Mussolini et d'Hitler, Staline ne possède qu'un faible charisme personnel. Il se plait alors à jouer la modestie et à se présenter comme un homme de bon sens et proche du peuple. On retrouve bien entendu des similitudes avec la propagande du Duce, notamment lorsqu'on affirme que "au Kremlin, la seule lumière allumée jour et nuit est celle du bureau de Staline". De même que Mussolini et Staline, il est tout-puissant: "On le voit en Maréchal, avec toutes ses décorations pendant la seconde guerre mondiale"; il se revendique "le travailleur acharné, l'homme des décisions importantes, le premier acteur politique et administratif" mais aussi le diplomate d'excellence.



Staline au milieu des députés Kolkhosiens.

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